Utiliser un métronome pour améliorer la récupération d'une tendinopathie?

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Utiliser un métronome pour améliorer la récupération d'une tendinopathie?

Il est connu que les tendinopathies ne récupèrent pas toujours bien. En fait, après un certain temps, il est connu que les tendons affectés ne présentent plus d'inflammation, mais plutôt une dégénérescence. Le terme tendinose est alors plus approprié que tendinite. Toutefois, cliniquement, dans certaines circonstances il n'est pas nécessairement aisé d'objectiver la présence d'inflammation, le terme général de tendinopathie est utilisé et englobe tendinite et tendinose. Théoriquement, les traitements qui vise à diminuer l'inflammation ne peuvent donc pas aider dans les cas de tendinose. Ces dernières répondent en général mieux à un programme de renforcement, particulièrement excentrique, c'est-à-dire lorsque le muscle contracte en allongeant (par exemple le quadriceps lorsque nous descendons une marche). Toutefois, malgré tout il arrive que les tendinoses ne répondent tout simplement pas à ce genre de thérapie.

Diverses autres techniques peuvent alors être utilisées, comme la thérapie par onde de choc. Encore là, il n'y a aucune garantie de succès. Pourquoi? La réponse n'est pas connue mais diverses hypothèses sont proposées. De plus en plus, une activité électrique du cerveau altérée suite à la blessure est vue comme facteur de risque important pour le maintien des douleurs tendineuses. Ce mécanisme nommé sensibilisation centrale est d'ailleurs bien connu pour plusieurs types de douleurs chroniques. Pour le moment, peu d'outils existent pour aider à la normalisation de ce mécanisme.

Toutefois, dans une récente étude, il a été proposé d'utiliser un métronome pendant les exercices de renforcement. Il semblerait que l'excitabilité cérébrale soit modifiée favorablement lorsque nous suivons un rythme précis lors des exercices. J'hypothèse que le mécanisme sous-jaçant soit via une plus grande concentration cognitive sur la tâche effectuée, favorisant le contrôle neuromusculaire du mouvement effectué. Je crois également qu'il sera éventuellement possible de traiter le cerveau à l'aide de la stimulation magnétique transcrânienne, au même moment que nous faisons des exercices, afin de modifier l'excitabilité corticale et favoriser la récupération fonctionnelle et la dimunition de la douleur. Il reste du chemin à faire toutefois en terme de recherche avant d'en arriver là, mais ça avance.. lentement mais sûrement. Enfin, il faut noter que la récente étude est la seule du genre et que les résultats devront être confirmés avant de l'appliquer à grande échelle. Par ailleurs, quoique j'ai personnellemnt été plutôt suspicieux à la vue du titre d'un article de vulgarisation dans le journal The Huffington Post au sujet de cette étude, j'ai trouvé que l'étude était bien réalisée et que la théorie tient la route. De plus, un des chercheurs impliqués dans l'étude, Lorimer Moseley, est un chercheur très réputé dans le domaine de la douleur chronique et suivant ces travaux depuis un bon petit bout, je suis convaincu que l'étude a été effectuée de façon très rigoureuse. Le fait que l'étude ait été publiée dans le prestigieux British Journal of Sports Medicine en témoigne également.

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