La radiologie de la douleur

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La radiologie de la douleur

Vous avez déjà souffert d’une douleur articulaire persistante sans épisode traumatique? Et pour vous assurer qu’il n’y avait rien de grave, vous avez décidé de consulter votre médecin pour passer un test d’imagerie médicale? Ça vous est déjà arrivé? Lisez ce qui suit.

L’imagerie médicale est souvent utilisée pour diagnostiquer et orienter le traitement des personnes qui souffrent de troubles musculosquelettiques. Les trouvailles faites à partir des images radiologiques sont souvent interprétées comme étant la cause de la douleur, mais est-ce vraiment le cas? Voici ce que la littérature scientifique peut vous répondre pour les différentes parties du corps...

Le dos

Selon une analyse publiée dans l’American Journal of Neuroradiology en avril dernier incluant 33 études et 3110 participants n’ayant aucune douleur, il semblerait que les trouvailles radiologiques soient fréquentes et tout à fait normales1:

 
                              Âge (années)
Trouvaille radiologique
20
30
40
50
60
70
80
dégénérescence discale
37%
52%
68%
80%
88%
93%
96%
amincissement discal
24%
34%
45%
56%
67%
76%
84%
bombement discal
30%
40%
50%
60%
69%
77%
84%
protusion discale (hernie)
29%
31%
33%
36%
38%
40%
43%
fissure annulaire
19%
20%
22%
23%
25%
27%
29%
dégénérescene facettaire (arthrose)
4%
9%
18%
32%
50%
69%
83%
spondylolysthesis
3%
5%
8%
14%
23%
35%
50%
 
 
Le cou

Une autre étude publiée dans le European Spine Journal révèle que jusqu’à 98% des adultes en santé (sans douleur) ont des signes de dégénérescence cervicale à l’IRM2.

Le genou

Deux auteurs se sont penchés sur la discordance entre les trouvailles radiologiques et l’arthrose du genou. Ils ont analysé plusieurs études publiées sur le sujet afin de combiner leurs résultats. Parmi ceux souffrant de douleurs au genou, 15 à 76% avaient des signes d’arthrose à la radiographie. Toutefois, 15 à 81% de ceux qui n’éprouvaient aucune douleur avaient également des signes radiologiques d’arthrose. Ils sont donc venu à la conclusion que la douleur au genou ne pouvait être associée à l’arthrose3.

La hanche et le bassin

D’autres auteurs se sont intéressés aux trouvailles radiologiques à la hanche et au bassin chez des joueurs de hockey à un niveau collégial et professionnel. Chez les 39 sujets analysés, 30 (77%) avaient des signes radiologiques anormaux4. Encore une fois, aucun des sujets ne se plaignaient de douleur.

L’épaule et le poignet

Des chercheurs de l’école de médecine de la prestigieuse université Stanford, en Californie, ont suivi des athlètes d’élite (joueurs de volleyball, gymnastes et nageurs). Tous les athlètes avaient des signes visibles de changements dégénératifs aux articulations du membre supérieur. On pouvait y voir des déchirures du labrum ou de la coiffe des rotateurs, des amincissements du cartilage, des atteintes ligamentaires ou tendineuses et même des changements au niveau du tunnel carpien5. Vous devinerez qu’ils étaient, malgré tout, asymptomatiques.

En conclusion :

En fait, aucune étude n’a réussi à démontrer une relation entre les signes radiologiques et les symptômes vécus par les patients. Donc, à moins d’avoir un traumatisme important, il est fort probable que la lésion vue à l’imagerie était là bien avant que la douleur apparaisse. Ces changements sont en réalité un processus NORMAL du vieillissement. Même si plusieurs atteintes radiologiques sont irréversibles, cela ne veut pas dire qu’il est impossible de diminuer ou d’éliminer la douleur dont vous souffrez, puisque ces deux éléments ne sont pas liés ensemble... Les causes réelles de la douleur sont complexes, mais bien souvent traitables. Il ne faut pas paniquer!

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À Propos de l'auteur


ALEXANDRE LANGIS

Alexandre Langis

En plus de la thérapie manuelle, Alexandre a comme intérêt particulier le contrôle moteur et les dysfonctions de mouvement liées à la performance motrice et à la douleur persistante. En plus d’une maîtrise en physiothérapie, Alexandre possède un baccalauréat en kinésiologie, lui procurant une solide connaissance des mouvements physiologiques et pathologiques du système musculosquelettique humain. Lui-même sportif émérite, il s’affaire notamment à se spécialiser dans les mouvements relatifs à divers sports, comme par exemple l’haltérophilie, le cross-fit, le golf et le tennis. Depuis 2011, il travaille également comme entraîneur personnel dans divers centres de conditionnement physique, lui procurant un avantage en sachant joindre efficacement un programme d’exercices thérapeutiques aux modalités usuellement retrouvées en physiothérapie. Alexandre est ainsi le physiothérapeute de choix pour quiconque s’étant blessé dans la pratique d’un sport, ou encore pour quiconque désireux de commencer un programme d’exercices. Il est en effet en mesure de procéder à une évaluation préliminaire afin de déterminer les facteurs de risque, relatifs par exemple à une faiblesse musculaire spécifique ou encore à une dysfonction articulaire, pouvant prédisposer à diverses blessures suite à la répétition d’un mouvement fautif. Alexandre met principalement l’emphase sur l’autodétermination et l’efficacité personnelle de ses clients afin qu’ils réalisent leur plein potentiel. Il saura certainement vous surprendre. Bien que récemment diplômé en physiothérapie, son dynamisme est contagieux et ses intérêts le poussent déjà à creuser ses recherches personnelles bien au-delà des notions acquises dans le contexte universitaire

Pour plus de détails sur le cheminement de Alexandre, veuillez consulter son curriculum.