Souliers pronateurs vs supinateurs

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Souliers pronateurs vs supinateurs

Si vous courrez, vous le savez: les chaussures de jogging sont un point chaud au centre de toutes les discussions... chaussure minimaliste ou non, etc... Le site fitmyrun.fr s'est amusé à vérifier la littérature scientifique en ce qui a trait à la validité des chaussures dites pronatrices et supinatrices. Il est de mon opinion que le corps a une grande capacité d'adaptation et que la structure anatomique dicte peu l'apparition de telle ou telle douleur. Les études longitudinales sont d'ailleurs du même avis. Cliniquement, lorsque je vois une douleur à un pied en particulier, mais qu'une variation de l'anatomie est présente autant à un pied comme l'autre, il m'est alors impossible de relier la dite variation anatomique au syndrome douloureux. Je recherche alors systématiquement un problème biomécanique, une dysfonction articulaire généralement, pouvant engendrer cette douleur, d'une façon ou d'une autre. Le problème n'est pas rarement situé à distance de la manifestation douloureuse, comme par exemple dans la région lombaire dans un cas de mimétisme de fasciite plantaire par une neurodynamique altérée du nerf tibial. Évidemment, une solide connaissance de l'anatomie humaine et des diverses pathologies est nécessaire.

Pour qu'une variation de l'anatomie du pied soit causale dans une pathologie, il y a habituellement eu changement récent de cette anatomie, par exemple par un affaissement de l'arche plantaire suite à une dysfonction musculaire. De cette façon, le changement a été trop rapide pour que le corps puisse s'adapter convenablement, surtout lorsque des stress mécaniques sont imposées sans relâche aux différentes structures (e.g. jogging). Si on retourne maintenant aux conclusions du site web en question, je ne suis pas surpris de voir qu'ils ont recensé trois études qui pointent toutes dans la même direction: le type d’arche de pied n’a aucune influence sur le taux de blessures et le type de foulée n’a aucune valeur prédictive. Bien sûr, les marchands de souliers vont continuer de tenter de nous vendre divers produits: ils sont formés par les manufacturiers la plupart du temps!

Par ailleurs, on peut appliquer la même logique à toute variation anatomique acquise depuis l'enfance: la quantité de torsion tibiale, l'angulation du genou (valgus ou varus), etc.. Je tiens toutefois à ajouter que de telles variations anatomiques peuvent parfois considérer un facteur de risque, mais sont la plupart du temps secondaires dans une liste de dysfonctions identifiées. Je tente toujours d'altérer ces variations qu'en dernier recours, lorsque toutes les autres options ont été épuisées. Que devrais-je corriger en premier lieu: un blocage de l'articulation tibio-fibulaire récent par exemple, dont le corps n'a pu s'adapter? ou un arche plantaire affaissé qui est là depuis toujours, des deux côtés de surcroît, alors que la douleur ne se retrouve que du côté où la lésion articulaire a été identifiée? En ce qui me concerne le choix n'est pas très difficile!

http://blog.fitmyrun.fr/pronation-et-supination-ouvrons-le-debat/

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À Propos de l'auteur


ERIC ROUSSEAU

EricPhysiothérapeute depuis 16 ans, Eric s'est tout d'abord spécialisé en thérapie manuelle. Il a acquis une solide expérience en douleurs musculo-squelettiques de toutes sortes. Par ailleurs, il détient les attestations de son Ordre Professionnel afin de pouvoir prodiguer des manipulations périphériques et vertébrales, en toute sécurité. Depuis quelques années, il a décidé d'orienter la plupart de ses lectures et formations continues vers l'évaluation et le traitement des céphalées, des problèmes temporo-mandibulaires, et autres douleurs faciales et à la tête. D'ailleurs, Eric a débuté une formation spécialisée d’envergure internationale, donnée par le Cranio Facial Therapy Academy (CRAFTA). Cette formation basée sur les évidences scientifiques est ouverte aux physiothérapeutes, dentistes et orthophonistes. Elle représente le consensus de plusieurs sommités, et intègre de façon avant-gardiste diverses sphères touchant l’évaluation et le traitement de cette zone complexe. Ceci permet évidemment d’avoir une compréhension approfondie des différentes problématiques douloureuses et de mieux comprendre les interrelations entre la région cervicale, l’articulation temporo-mandibulaire, les os du crâne, ainsi que les structures nerveuses faisant le pont entre toutes ces différentes régions anatomiques, trop souvent considérées de façon isolées, tout en ayant un regard sur la déglutition, les parafonctions et l’occlusion, notamment. Eric participe également à des projets de recherche dont les résultats sont publiés dans des journaux avec revue par les pairs sur le sujet du syndrome d’apnées obstructives du sommeil. Ceci lui permet notamment de mieux comprendre les liens complexes entre douleur, sommeil, morphologie cranio-faciale ainsi que physiologie des voies aériennes supérieures.

Pour plus de détails sur le cheminement de Eric, veuillez consulter son curriculum.