EMDR pour le syndrome de stress post-traumatique

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EMDR pour le syndrome de stress post-traumatique

Le syndrome de stress post-traumatique (SSPT) peut être très invalidant pour la personne atteinte. Il désigne un type de trouble anxieux sévère qui se manifeste à la suite d'une expérience vécue comme traumatisante avec une confrontation à des idées de mort. L'expérience traumatisante peut être par exemple de la violence familiale ou encore un incident traumatique, tel qu'un accident de véhicule motorisé. La personne souffrant de ce syndrome va présenter des états anxieux avec évitement et retrait de situations en lien ou non avec l'incident initial, pouvant aller jusqu'à diverses phobies. Des problèmes de sommeil peuvent également survenir, tel qu'insomnie et cauchemars. Des changements de l'humeur seront également régulièrement présents, tel qu'irritabilité et état dépressif. Les thérapie usuelles sont la thérapie comportementale et cognitive (TCC) et la désensibilisation et reprogrammation par mouvement des yeux (EMDR, de l'anglais eye movement desensitization and reprocessing). La TCC est relativement bien connue mais l'approche EMDR l'est beaucoup moins. Le but de ce billet sera de discuter de l'EMDR. La particularité de l’EMDR reste la stimulation sensorielle généralement appliquée sous une forme bilatérale alternée et le plus souvent par le biais des mouvements oculaires.

Cela semble un peu farfelu à première vue et aurait d'aileurs été découvert par hasard. Toutefois, l'EMDR a été mise à l'essai par de nombreuses études. Quoique la qualité des études laisse parfois à désirer, en général il semble bien accepté que l'EMDR soit efficace1. Son fonctionnement est encore mal compris mais récemment une étude par imagerie par raisonnance magnétique fonctionnelle a déterminé que le SSPT semble prendre son origine dans une dysfonction du cortex cingulaire antérieur, zone du cerveau impliqueé dans diverses fonctions autonomes comme les émotions et les mécanismes de conditionnement à la peur2 Il sera donc à déterminer si l'EMDR agit via une modulation de l'activité du cortex cingulaire antérieur. Quoi qu'il en soit, le SSPT est important à prendre en charge. En effet, il est connu qu'un SSPT non résolu est associé à une plus grande probabilité de développer un syndrome de douleurs chroniques, tel que la fibromyalgie, le syndrome de fatigue chronique, ou encore le syndrome du colon irritable3. On souhaite généralement qu'un SSPT soit rétabli à l'intérieur de 3 mois. Les études ont en effet démontré un lien entre douleurs chroniques et SSPT persistant plus de 3 mois suite à un accident de véhicule motorisé.

Bref, il est important de prendre en charge un SSPT, et rapidement!

Pour plus d'information sur la thérapie EMDR, veuillez consulter le site web suivant: http://emdrcanada.org/fr/

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À Propos de l'auteur


ERIC ROUSSEAU

EricPhysiothérapeute depuis 16 ans, Eric s'est tout d'abord spécialisé en thérapie manuelle. Il a acquis une solide expérience en douleurs musculo-squelettiques de toutes sortes. Par ailleurs, il détient les attestations de son Ordre Professionnel afin de pouvoir prodiguer des manipulations périphériques et vertébrales, en toute sécurité. Depuis quelques années, il a décidé d'orienter la plupart de ses lectures et formations continues vers l'évaluation et le traitement des céphalées, des problèmes temporo-mandibulaires, et autres douleurs faciales et à la tête. D'ailleurs, Eric a débuté une formation spécialisée d’envergure internationale, donnée par le Cranio Facial Therapy Academy (CRAFTA). Cette formation basée sur les évidences scientifiques est ouverte aux physiothérapeutes, dentistes et orthophonistes. Elle représente le consensus de plusieurs sommités, et intègre de façon avant-gardiste diverses sphères touchant l’évaluation et le traitement de cette zone complexe. Ceci permet évidemment d’avoir une compréhension approfondie des différentes problématiques douloureuses et de mieux comprendre les interrelations entre la région cervicale, l’articulation temporo-mandibulaire, les os du crâne, ainsi que les structures nerveuses faisant le pont entre toutes ces différentes régions anatomiques, trop souvent considérées de façon isolées, tout en ayant un regard sur la déglutition, les parafonctions et l’occlusion, notamment. Eric participe également à des projets de recherche dont les résultats sont publiés dans des journaux avec revue par les pairs sur le sujet du syndrome d’apnées obstructives du sommeil. Ceci lui permet notamment de mieux comprendre les liens complexes entre douleur, sommeil, morphologie cranio-faciale ainsi que physiologie des voies aériennes supérieures.

Pour plus de détails sur le cheminement de Eric, veuillez consulter son curriculum.